Petit guide de survie du temps des fêtes à l’intention des environnementalistes (et de leurs proches)

Noël et le jour de l’an approchent à grands pas… Le temps des fêtes est pour moi synonyme d’angoisse et de sentiment de culpabilité face à la surabondance et au gaspillage qui caractérisent trop souvent cette fête… J’en connais un peu trop sur les problèmes environnementaux pour jouer à l’autruche pendant 2 semaines.

Depuis quelques années, j’essais de mieux vivre cette période, qui après tout se veut être de réjouissances. Voici quelques idées, suggestions et stratégies pour redonnez ses lettres de noblesse au temps des fêtes dans le coeur des environnementalistes.

Limiter la surconsommation

  • Fixez-vous un budget pour les cadeaux et RESPECTER-LE. D’années en années on peux même essayer de réduire graduellement notre budget accordé aux cadeaux.
  • Vous avez peur de vous sentir radin? Faites-en un défi familial: tout le monde doit respecter le même budget (évidement on fixe un budget réaliste pour tout le monde).
  • Vous préférez offrir ou recevoir de gros cadeaux: organiser un échange de cadeau. Vous donnerez un cadeau, recevrez un cadeau tout en respectant votre budget! En plus, il existe plein de façons amusantes de faire durer le plaisir dans un échange entre autre avec des options de vol de cadeaux.
  • Pourquoi ne pas offrir des cadeaux usagés à vos enfants? Avec des sites comme Les PacKijiji ou Craig’s list, on trouve plein de trucs chouettes incluant des jouets FisherPrice vraiment vintage!

Minimiser le gaspillage

  • Laissez tomber les beaux papiers d’emballage. Les circulaires qui s’empilent sur la table de votre salon se transformeront en papiers d’emballages tout à fait convenables (on se rappelle que le but premier d’un papier d’emballage est de cacher le cadeau). Par expérience personnelle, certaines personnes de la famille risque de passer des commentaires hautains, mais pendant qu’elles mémèrent à ce sujet, plutôt anodin, on diminue les risques de chicanes familiales (doublement gagnant donc comme stratégie). Pour les environnementalistes qui ne s’assument pas encore pleinement ou qui veulent simplement éviter les questions plates à propos du choix du papier d’emballage, voici une autre option qui passe souvent inaperçue: réutilisez des sacs cadeaux reçus lors des fêtes précédentes.
  • Dans les fêtes familiales où tout le monde doit apporter un plat pour le repas,  gardez en tête qu’il ne faut apporter qu’une portion que vous mangeriez. Si tout les invités font assez de portions pour que tous le monde ait une sandwich aux oeufs pas de croute… il y aura forcément beaucoup de sandwichs qui finiront aux poubelles! En passant je ne vous conseille vraiment pas de rapporter chez vous ces sandwichs, si elles ont passé toute la soirée à sécher sur la table (à moins que la gastro de Noël ne soit une tradition dans votre famille). Si vous voulez absolument que tous les invités puisent goûter à votre fameuse recette: faites des mini-bouchées!

Bien choisir ses cadeaux

  • Demandez en cadeaux des choses que vous vous seriez procurées vous même dans les prochaines semaines ou qui pourraient vous permettre de réduire votre empreinte écologique ou qui donneraient un coup de pouce à Dame Nature. Avertissement: les suggestions qui suivent sont pour les vrais tripeux.
    • Yaourtière,
    • Germoir à semences,
    • Couches lavables pour votre nouveau bébé,
    • Abris pour les crapauds,
    • Niche ou mangeoire à oiseaux,
    • Etc.
  • Offrez des cadeaux faits prêt de chez vous! Vous encouragerez les petits commerces de votre patelin et vous aurez un cadeau avec une faible empreinte écologique (peu d’émission de CO2 dû au transport).
  • Si votre entourage montre des signes d’intérêt pour le jardinage, pourquoi ne pas offrir des semences? Il existe plusieurs catalogues en ligne comme La société des plantes.
    • plantes potagères pour les jardiniers,
    • arbustres fruitiers pour les ornithologues amateurs,
    • arbres fruitiers pour les gourmands,
    • plantes florales pour les romantiques,
    • plantes du patrimoine pour les historiens,
    • plantes médicinales pour les amateurs de médecines alternatives,
    • etc.

Ma dernière suggestion s’adresse au plus audacieux: « Passez votre tour et donnez au suivant! »

Vous avez d’autres idées ou suggestion? Soyez généreux, partagez-les en laissant un commentaire!

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L’attention une ressource limitée

Nous sommes à quelques jours de la rentrée scolaire et notre système gastrique est envahi de petits papillons bien fébriles (les professeurs tout autant que les étudiants je vous l’assure).

À l’aube de cette nouvelle session une question me trotte dans la tête: Comment capter l’attention de mes étudiants qui entrent dans ma classe? Pourquoi cette question? Parce que l’attention est une ressource limitée! C’est une chose que l’on sait et que l’on expérimente souvent dans notre vie, d’ailleurs pendant que je pensais à cette note en prenant ma douche, je me suis tartiné le visage de shampoing… Néanmoins, on en a rarement pleinement conscience des limites de notre attention. Dans cette conférence TED, Apollo Robbins nous fait une magnifique démonstration de nos limites:

La finale d’Apollo Robbins m’a vraiment impressionnée et je me suis sentie vraiment limitée! Mais si vous ça ne vous a pas convaincu, je vous invite à essayer cette courte expérience (2 minutes):

On entretient souvent l’illusion qu’on peut faire plusieurs choses en même temps et de façon efficace: comme envoyer un message texte en conduisant (voir cette vidéo si le sujet vous intéresse) ou regarder son compte Facebook en écoutant son cours de biologie… En fait, on ne peut pas faire deux chose en même temps. À chaque instant, on porte notre attention soit sur l’une, soit sur l’autre. On peut alterner rapidement notre attention d’une tâche à l’autre, mais on ne peut pas porter notre attention sur deux tâches simultanément.

Pour plus d’informations sur le sujet fort intéressant de l’attention, allez faire un tour sur le blog Le cerveau à tous les niveaux.

PhD : a good investment?

This is a home-made translation of a previous post (Un doctorat : un bon investissement ?) so we hope you will be indulgent about our english writing skills. 

Last week, I was shaken to learn that a friend (named Philippe) decided to change career without ever having set foot on the job market (well, outside of academia). After years of study (Masters, PhD, postdoctorates) and sacrifices, he chose to return to school to obtain an undergraduate degree that should enable him to work and finally earn a decent wage…

While some people are concerned about the « brains » migration, I am concerned that too many « brains » are struggling to find out their place in society once their training is completed. Therefore I share with you the exchange I had with Philip about his story and the worrying situation of the student researchers who find themselves in a dead end after the completion of their training.

Judith: We’ve known each other for more than 10 years now. When we met I was doing an undergraduate degree in biology and you were beginning a Masters in ecology. Can you summarize your academic career since?

Philippe: My career in research is quite typical. After a degree in biology, I received a scholarship to do a Masters in fish ecology. I received $ 42,000, tax free, for a 2-year project that took me “bathing” in rivers in search of baby salmon. A physically demanding job, but playful: it is my most beautiful memories of summer.

© G. Bourque

© G. Bourque

Rivière Sainte-Marguerite

Sainte-Marguerite River

Then I decided to do a PhD. Once again I’ve got a scholarship. My thesis project led me to discover about every roads, paved or not, that exists in Quebec between the 46 and the 51th parallel, from the Monts Groulx to the Témiscamingue. This was great exploration for the true Montrealers I was. But a PhD is not only a big Masters. It is necessary to develop novel. Personal, financial, and professionnal sacrifices implied by a six year research project are  exhausting. As unlikely as it may seem, a month before the end, I was ready to give up. I was exhausted and very poor. Scholarships only lasts a while. Over the last two years of PhD, I have not received any salary. Nothing. The fridge was empty. Luckily, I had no children. However, I made it. With some pain, but it does not appear on my diploma achieved with distinction I must say.

After experiencing the misery it was hard to dismiss a new scholarship to become a postdoctoral fellow in one of the best universities in the world: Berkeley. California, San Francisco, how to resist? I do not know … and I could not. The year and a half I spent there was very instructive about myself (live abroad for some time should be a prerequisite for all) and about the professional science.  Result: I came back to Montreal as soon as I could with one idea in mind: to do something else!

But leaving the research community is not so easy. With my resume in hand, I quickly realized that outside of academia, there was no salvation for an academic background like mine. Universities only hire a few teachers and the competition is very strong. Quickly, I realized that the only way to feed my family was to accept another postodoctoral contract, and then another. So in 2013, my professional life comes down to accept freelance contracts that are becoming rarer and less financially attractive. All this for that? Unfortunately, yes.

Judith: During the period I worked for an environmental consulting group, I quickly noticed that my bosses hired only people who, like me, held a master’s degree and not people with doctorates … Still work to be done often asked skills in management of human and financial resources, capacity analysis of complex situations, as well as the ability to find creative solutions to problems … Sometimes I felt like someone with a PhD would have been more adequate to do my job … I do not mean that I was incompetent, but I must admit that I often felt that the shoes were quite big to fill.

Why do you think, research students who are highly educated are in so little demand on the job market?

Philippe: Few people understand what is a PhD. From here arise many unhappy prejudices. The most common: the famous over-specialization. « You have a PhD, you are too specialized for what we want… ». But how am I over-specialized? This is the killer question! Nobody knows. I have a PhD, I’m over-specialized. Endpoint.

The problem is that most people define the skills of a « doctor » according to the title of his thesis. For example: I have a PhD in biological sciences. If one defines me professionally according to the subject of my thesis, I would be a biologist over-specialized in the field of « genetic diversity of populations of Longnose Dace (a fish) in eastern Canada. » This is absurd!

Let it be said once and for all: I’m not over-specialized. I am a researcher, a citizen impregnated with the need to know and I have a deep knowledge of the political, ecological and environmental challenges we face across the globe. My pen and my head make me someone alert, thoughtful and who knows how to get to the heart of things. I know how to structure my ideas, arrange them logically to facilitate their communication, all combined with a strong critical sense. I have acquired specialized skills in management of project, budget and human resources. Despite everything, I remain for too many people « the Dace guy. »

Longnose dace

But it would be too easy to put the blame solely on the ignorance of others. Let’s be honest: I’m 35 and I’ve never had “real” jobs. I’ve never worked in an office from 9 to 5. And I never learned how to sell myself in an interview. I have trouble knowing what I’d be able to do for a company, simply because I do not know what it is done inside a company. Hard to convince an employer in such circumstances, especially if he has in mind that I do know only one thing: Longnose Dace…

The research community and the « normal » society are two separate worlds living in mutual incomprehension. This is strange because in reality they live in symbiosis, feeding each other to facilitate their evolution. If there was a better transmission belt between them, than less people like me would end up crashing into the gap that separate them.

Judith: I understand you when you say that your lack of knowledge of the work in private firms complicates your integration in this world. After completing my Masters I had an interview to work for a consulting group, I admit that I went there quite candidly and naively. I knew nothing about this job, the health and safety rules, the ISO standards, the redaction of service proposals. I did not even know what a pension fund was! During the interview I talked about the generic skills I developed during my studies (writing, ability to work independently, teamwork ability, …). In the end, I got the job and I did never really liked it…

To be entirely honest, I must say that I enjoyed several aspects of this job: my colleagues were super friendly, the working schedule was flexible enough for the late riser as I was, fieldwork allowed me to visit fabulous spots of the province of Quebec, I was paid to work (sometimes) outside, I was doing a few helicopter rides per year, … But, working in environment does not always means that you are working for the Nature first, the client usually comes before since he pays. In addition, I felt no sympathy or interest for the projects on which I worked (factory, mine, road, etc.). Needless to say that in this context, it became increasingly difficult for me to prepare impact studies to make these projects environmentally, economically and socially acceptables. In retrospect, I think the values ​​and interests that I developed during my studies were not compatible with the values ​​and interests that motivate most private companies.

Opinaca, Baie-James

Opinaca, Baie-James

I have never regretted having done an MA in ecology, since this is an area that deeply interests me, and it was very good years for me. However our respective paths lead me to question myself on the transition from research to the job market that is more difficult for some people (like us). What advice would you give to a student who begins a Masters or a Doctorate in research to maximize its chance of succeeding this inevitable passage?

Philippe: My return to school must mean one thing: I did not have an answer to your question! However, I offer another: Why would someone do a Masters or a PhD?

In 2013, a master’s degree is still considered a relevant training for the job market in several areas. A student can reasonably expect to receive a return on investment through jobs or promotions that he would not have obtained if he had only a bachelor’s degree. For the doctorate, unless one gets a research position, it is quite the opposite. Nowadays, the majority of the highest graduates of university become a cheap labor on the market, forced to live sometimes in precarious material conditions, and often worse than those of graduates of lower cycles.

So what motivates people in the prime of life to embark on such an adventure? I answer without bitterness that naivety, ignorance, and lack of long-term vision are the most common reasons. Obviously, the student usually comes out with a priceless personal enrichment, but it is, in my opinion, more a consequence than a cause. Nobody engages in such a project, with all the personal, professional and financial sacrifices involved, to gain personal growth! However, this is unfortunately the only reward that the majority of us will reap. But as I said: it remains priceless. This is also because of this enrichment and this maturity gained the hard way that I assume pretty well my choices. With hindsight, would I make the same decisions? No. Sacrifices are too great. I shut most of the professional doors that were open to me at the end of my masters, and, now, I wear my thesis and my postdocs as millstone around my neck.

But the virtual absence of career opportunities is not the only thing that should be considered by a student before starting a PhD. There are issues with the nature of the status and role of the graduate student. In the past, a PhD was outlined as a formation from which emerged the development of scientific knowledge. Student learning was therefore put forward. Nowadays it’s the opposite. We put forward the scientific production from which results a formation. So we transform the student in cheap labor to perform specialized work for which he is not trained. It is no longer accepted that the student is in training. Instead he is asked to perform as an experienced researcher. Pressure is much stronger: the immediate future of the laboratory in which the student works depends on subsidies, which themselves depend on the quality of his work. For inexperienced young people it is too much and useless.

Research in 2013 has no longer anything fun. It is a tough and ruthless world. This utilitarian reality is the same for all teachers, regardless of their personality. They have no choice but to follow. Their career depends on it. It can collapse overnight, even for the most experienced.

Judith: Thank you Philippe for your answers. As a conclusion, what advice would you give to a young person who is still interested in doing research?

Philippe: Ironically, I do not want to discourage anyone to follow my footsteps. However, this must be done knowingly. Do not be fooled by marketing campaigns of universities, or by teachers who court you. They have too much to gain by attracting you. All this is only a dream. Ultimately the chances that you get something professionally are relatively low. However, the experiences are exhilarating. Personally, I have traveled around the world, I have visited places worthy of National Geographic documentaries, I worked with people among the brightest of their generation, I attended prestigious universities such as the University of California at Berkeley, McGill University and the Université de Montréal. Few people of my age can pride themselves of having done so. A colleague recently told me that following our journey is like  « having fun with a knife to the throat. » It’s true. If you are willing to accept the consequences, go for it!

Réflexions estivales autour d’un lac

Le plus beau lac du monde, c’est sans aucun doute celui de mon enfance : le Lac Raquette! Outre le fait qu’il a un drôle de nom et que j’ai longtemps pensé qu’il s’appelait le lac « Craquette », c’est un lac juste de la bonne grosseur, avec des petits poissons qui viennent vous grignoter les orteils, des écrevisses qui se cachent sous les gros cailloux, des petits escargots qui vivent à leur rythme dans les herbiers, quelques sangsues qui font peur aux petits (et parfois aux grands), des zones sablonneuses agréables sous les pieds, des zones boueuses et pleines d’algues qui vous font mieux apprécier les zones nommées précédemment, un quai au bout duquel on s’assoie pour rêvasser en faisant semblant de « pêcher », etc. Mais je dois bien le reconnaître si c’est le plus beau lac à mes yeux, c’est surtout parce qu’il est peuplé mes souvenirs d’été d’enfant.

De la fin des classes au retour en classe, mon « camp de jour » c’était le chalet de mes grands-parents! Souvent nos parents nous y laissaient le matin, allaient travailler et revenaient le soir nous chercher. On passait la journée avec nos grands-parents, nos cousins et cousines, ainsi que nos oncles et tantes qui étaient en vacances et qui « squattaient » le chalet. Il y avait toujours plein de monde, plein de vie et plein de choses à faire: chasser les écrevisses qui pincent, attraper des menés à l’épuisette, se baigner, jouer à la tag dans l’eau, faire des châteaux de sable, creuser des « lacs » sur la rive où l’on emprisonnait, ensuite, les « méchantes » sangsues.

Cette fin de semaine, une réunion familiale c’est improvisée, grâce aux médias sociaux, sur les berges de ce lac afin de rencontrer une petite puce née il y a à peine deux semaines. Ce fut un après-midi magique! C’était vraiment émouvant de voir mes petits-cousins et petites-cousines partagez avec leurs enfants leur amour pour ce lac.  Et moi, j’étais tellement heureuse de pouvoir partager un petit bout de mes meilleurs souvenirs d’enfance avec mon conjoint et mon fils !

Initiation à la planche à voile

Initiation à la planche à voile

Assis à l’ombre des arbres, un petit-cousin un peu plus âgé que moi, me faisait remarquer que nous étions la seule famille visible sur les berges du lac. Il se rappelait que quand nous étions petits, il y avait, à chaque fin de semaines, des gens qui jouaient dans l’eau un peu partout aux alentours. Aujourd’hui, personne d’autre que nous n’était visible à l’horizon : c’était le calme plat… 

Il y a 30 ans le lac était entouré de modestes chalets où les familles se rassemblaient et où les enfants criaient, courraient et jouaient dans l’eau. Il n’était pas rare de voir rassemblés à un même chalet 15, 20, 30 personnes ! Aujourd’hui le paysage est bien différent: les chalets ont grossis, sont plus luxueux et les berges sont beaucoup plus calmes. Quel est le lien entre le luxe des chalets et la tranquillité des rives ? Bien honnêtement, je ne le sais pas vraiment. Mon petit-cousin avançait l’hypothèse que la modestie des chalets de notre enfance encourageait peut-être plus les visites familiales improvisées. Ce qui n’est pas con, puisqu’avec le luxe, une certaine retenue se met souvent en place : on ne veut pas déranger, s’imposer ou donner l’impression de profiter des autres.

Ceci étant dit, un sujet connexe me préoccupe depuis quelques années et c’est l’accessibilité des plans d’eau au Québec. Malgré le nombre impressionnant de « taches bleues » qui parsèment la carte de la province, il n’est pas si simple qu’on pourrait le croire de trouver un plan d’eau où patauger dans la belle province quand la canicule frappe. Une grande partie des berges du Québec sont privées et les plages publiques ne sont pas si nombreuses. Par ailleurs, les frais d’entrée des plages publiques peuvent parfois décourager les moins bien nantis… Par exemple, dans mon village natal, Lac Etchemin, le tarif d’accès à la plage pour une famille (2 adultes et 2 enfants, si vous en avez plus il faut compter un supplément) est de 22,75$ par jour… Je ne sais pas si ce tarif permet au parc de boucler son budget d’opération à la fin de l’année ou si, au contraire, ils font des profits… Ce que je sais par contre, c’est qu’à partir du jour où ils ont clôturé le parc et mis un prix d’entrée pour aller se baigner, j’ai cessé d’y aller et j’ai cessé d’avoir envie d’y aller. Oui, le parc a été réaménagé ; et oui, il est plus beau ; et oui, il y a maintenant des glissades d’eau… mais il y a aussi une clôture entre moi et le lac et elle n’est pas seulement physique.

Je ne sais comment l’expliquer, mais à partir du moment où on met un coût sur un morceau de nature c’est comme si on lui enlevait une partie de sa magie, comme si le lac était devenu la propriété de « quelqu’un ». Je comprend rationnellement que l’on paie pour certains services (entretien des lieux, sauveteurs, administration du parc, etc.). Mais malgré tout, payer pour se baigner ou pour pêcher dans un lac naturel ça me semble toujours un peu bizarre.

Enfin… J’aimerais bien connaître vos idées et vos réflexions sur le sujet !

Pour ceux qui s’intéressent à la question de l’accès aux plans d’eau au Québec, voici quelques liens intéressants :

Une petite réflexion pour la Terre

22 avril 2013, 17h30 sur la rue Saint-Jean à Québec, je me suis amusée pendant 2 minutes à dénombrer les véhicules et leur nombre de passagers. Résultat : pour les 20 véhicules que j’ai regardé passer, 17 (85%) transportaient seulement leur conducteur… Heureusement pour mon moral, deux autobus du RTC suivaient de près ce cortège.

Jour de la Terre sur la rue Saint-Jean

Jour de la Terre sur la rue Saint-Jean

Pour conclure cette journée de la Terre, je vous propose de prendre quelques minutes pour observer et prendre conscience de nos habitudes de vie. Est-ce qu’elles sont toutes indispensables à notre bonheur et notre bien-être? Pourrions-nous y apporter des petites modifications qui amélioreraient notre qualité de vie tout en contribuant à réduire notre empreinte écologique?

L’empreinte écologique c’est quoi? C’est la superficie terrestre nécessaire pour produire les ressources que l’on consomme (eau potable, végétaux, animaux, etc.) et pour recycler les déchets que l’on génère (comme le CO2 produit par nos automobiles). Il existe plusieurs calculateurs d’empreinte écologique sur le web qui permettent d’estimer notre empreinte écologique individuelle. En voici un qui est assez simple d’utilisation et en français : http://myfootprint.org/fr/visitor_information/. Je vous invite à l’essayer (juste pour voir).

Et puis? Si tous les habitants de la Terre adoptaient votre mode de vie, combien de planètes faudrait-il pour combler leurs besoins?

Si vous avez bien lu la définition d’une empreinte écologique, peut-être vous demandez-vous pourquoi le calculateur vous fournit un nombre de planètes plutôt qu’une superficie. En fait, ce genre d’application, compare directement votre empreinte écologique avec la biocapacité de la Terre, qui elle correspond à la superficie terrestre biologiquement apte à produire les ressources renouvelables que nous consommons et à absorber les déchets que nous générons.

Si le cœur vous en dit, je vous invite à partagez vos réflexions sur votre mode de vie et vos trucs pour réduire, au quotidien, votre empreinte écologique.

Et pour poursuivre la réflexion, voici quelques sites d’intérêts :

Un doctorat : un bon investissement ?

La semaine dernière, j’ai été fortement ébranlée d’apprendre qu’un ami (prénommé Philippe) avait décidé de changer de carrière sans n’avoir jamais mis les pieds sur le marché du travail (enfin, à l’extérieur du milieu universitaire). Après des années d’études (maîtrise, doctorat, postdoctorats) et de sacrifices, il a fait le choix de retourner sur les bancs d’école pour obtenir un diplôme de premier cycle universitaire qui devrait lui permettre travailler et de finalement gagner décemment sa vie…

Alors que certaines personnes s’inquiètent de l’exode des « cerveaux », moi, je m’inquiète du fait que trop de « cerveaux » peinent à se tailler une place dans la société une fois leur formation terminée. Je partage donc avec vous l’échange que j’ai eu avec Philippe sur son histoire et la situation préoccupante de ces étudiants-chercheurs qui se retrouvent dans un cul-de-sac professionnel au terme de leur formation.

Judith : On se connait depuis un peu plus de 10 ans maintenant. Quand on s’est rencontré j’étais au baccalauréat en biologie et toi à la maîtrise en écologie. Peux-tu résumer ton parcours académique depuis?

Philippe : Mon parcours en recherche est assez typique. Après un baccalauréat en biologie, j’ai reçu une bourse d’études pour faire une maîtrise en écologie des poissons. J’ai reçu 42 000 $, libre d’impôts, pour un projet de 2 ans qui m’amenait grosso modo à me baigner dans des rivières de la Côte-Nord à la recherche de bébés saumons. Un travail physiquement exigeant mais ludique : il s’agit de mes plus beaux souvenirs d’été.

© G. Bourque

© G. Bourque

Rivière Sainte-Marguerite

Rivière Sainte-Marguerite

J’ai ensuite décidé de faire un doctorat. De nouveau boursier, mon projet de thèse m’a amené à parcourir à peu près tout ce qui existe de routes au Québec, pavées ou non, entre le 46 et le 51e parallèle, du Témiscamingue aux Monts Groulx. De la grande exploration pour un Montréalais pure laine. Mais un doctorat, ce n’est pas seulement une grosse maîtrise. Il faut développer l’inédit. Les sacrifices personnels, professionnels et financiers qu’un projet de six longues années comporte épuisent. Aussi improbable que cela puisse paraître, un mois avant de finir, j’étais prêt à abandonner. J’étais épuisé et surtout très pauvre. Les bourses ça dure un temps. Au cours des deux dernières années de doctorat, je n’ai reçu aucun salaire. Rien, nada. Le frigo était vide. Une chance, je n’avais pas d’enfants. Pourtant, j’y suis arrivé. Un peu dans la douleur, mais ça ne parait pas sur mon diplôme, obtenu avec distinction il faut le dire.

Après avoir vécu la misère, difficile de rejeter du revers de la main une nouvelle bourse pour devenir stagiaire postdoctoral dans l’une des meilleures universités du monde : Berkeley. La Californie, San Francisco, comment résister? Je ne sais pas… et je n’ai pas pu. L’année et demi que j’ai passé là-bas a été très instructive sur moi-même (vive à l’étranger pour quelques temps devrait être un pré-requis pour tous) et sur le milieu de la science professionnelle. Résultat : je suis revenu à Montréal dès que j’ai pu avec une seule idée en tête : faire autre chose!

Mais sortir du milieu de la recherche n’est pas facile. Mon CV sous le bras, je me suis vite rendu compte qu’en dehors du milieu universitaire, il n’y avait pas salut pour un parcours comme le miens. Les universités n’embauchent que peu de professeurs et la compétition est très forte. Très vite, je me suis rendu compte que la seule façon de nourrir ma famille était d’accepter un autre contrat postodoctoral, puis un autre. Ma vie professionnelle se résume donc en 2013 à accepter à la pige des contrats de plus en plus rares et de moins en moins payants. Tout ça pour ça? Malheureusement oui.

Judith : Quand j’ai travaillé en environnement pour un groupe conseil, j’ai rapidement remarqué que mes patrons engageaient seulement des gens qui, comme moi, détenaient une maîtrise et non des personnes détenant un doctorat… Pourtant le travail à faire demandait souvent des compétences en gestion de ressources personnels et financières, des capacités d’analyse de situations complexes, de même que l’habilité à trouver des solutions inédites à des problèmes… Parfois j’avais l’impression que quelqu’un ayant fait des études de 3e cycle (doctorat) aurait été plus apte à faire mon boulot… Je ne veux pas dire que j’étais incompétente, mais disons que je trouvais souvent les chaussures un peu grandes pour moi.

Pourquoi, selon toi, les étudiants-chercheurs bardés de diplômes sont si peu en demande sur le marché du travail?

Philippe : Peu de gens comprennent en quoi consiste un doctorat. De là découlent beaucoup de préjugés malheureux. Le plus fréquent: la fameuse sur-spécialisation. « Vous avez un doctorat, vous être beaucoup trop spécialisé pour ce que nous recherchons… ». Mais en quoi suis-je sur-spécialisé ? C’est la question qui tue! Personne ne le sait. J’ai un doctorat, je suis sur-spécialisé. Point final.

Le problème c’est que la majorité des gens définissent les compétences d’un « docteur » en fonction du titre de sa thèse. Par exemple: je suis détenteur d’un doctorat en sciences biologiques. Si on me définit professionnellement en fonction du sujet de ma thèse, je serais un sur-spécialiste dans le domaine de la « diversité génétique des populations de Naseux des rapides (c’est un poisson) dans l’est du Canada ». C’est absurde!

Qu’on se le dise une fois pour toute: je ne suis pas sur-spécialisé. Je suis un chercheur, un citoyen imprégné d’un besoin de savoir et d’une vive connaissance des enjeux politiques, écologiques et environnementaux auxquels nous sommes confrontés d’un bout à l’autre du globe. Ma plume et ma tête font de moi quelqu’un d’alerte, de réfléchi et qui sait trancher le fond des choses. Je sais structurer mes idées, les agencer logiquement pour favoriser leur communication, le tout combiné à un solide sens critique. J’ai acquis des compétences pointues en gestion de projet, de budget et de personnel. Malgré tout: je reste pour beaucoup trop de gens « le gars des Naseux ».

Naseux des rapides

Mais ce serait trop facile de faire porter l’odieux seulement sur l’ignorance des autres. Soyons honnête: j’ai 35 ans et je n’ai jamais eu de véritables emplois. Je n’ai jamais travaillé dans un bureau à faire du 9 à 5. Et on ne m’a jamais appris à me vendre lors d’une entrevue. J’ai de la difficulté à savoir ce que je serais capable de faire pour une entreprise, simplement parce que je ne sais ce qui s’y fait, ni comment on le fait. Difficile de convaincre un patron dans de telles circonstances, surtout si celui-ci part avec l’idée que je ne connais qu’une chose: le Naseux des rapides…

Le milieu de la recherche et la société « normale » sont deux mondes à part vivant dans une incompréhension mutuelle. C’est assez étrange parce qu’en réalité ils vivent en symbiose, s’alimentant l’un l’autre pour favoriser leur progression. Si une meilleure courroie de transmission existait entre eux, moins des gens comme moi s’écraserait dans le fossé qui les sépare.

Judith : Je te comprends quand tu dis que ton manque de connaissance du travail dans les entreprises privées complexifie ton intégration à cette sphère de la société. Quand, à la fin de ma maîtrise, j’ai passé mon entrevue pour travailler pour un groupe conseil j’avoue que je m’y suis rendue bien candidement et naïvement. Je ne connaissais rien de ce milieu, des règles de santé et sécurité au travail, des normes ISO, des offres de services. Je ne savais même pas ce qu’était un fond de pension! En entrevu je leur ai parlé des compétences génériques (rédaction, habilité au travail d’équipe, capacité de travailler de façon autonome, etc.) que j’avais développées au cours de mes études, sans trop bien savoir en quoi consistait concrètement le boulot pour lequel je postulais. Au final, j’ai eu l’emploi et je ne m’y suis jamais vraiment plu…

Pour être tout à fait honnête, je dois dire que plusieurs aspect de mon travail me plaisaient : mes collègues étaient super sympathiques, l’horaire de travail était juste assez flexible pour la lève-tard que j’étais, les travaux de terrain m’ont permis de visiter des coins fabuleux du Québec, j’étais payé pour travailler (parfois) dehors, je faisais quelques « balades » d’hélicoptère par année, etc. Toutefois, je ressentais trop de conflit de valeurs pour faire une carrière dans ce milieu… Travailler en environnement ça ne signifie pas toujours travailler pour le bénéfice premier de la nature, le client vient généralement avant puisque c’est lui qui paie. Par ailleurs, je ne ressentais ni sympathie ni intérêt pour les projets (usine, mine, route, etc.) sur lesquels je travaillais. Il va sans dire que dans ce contexte, il devenait de plus en plus ardu pour moi de rédiger des études d’impacts visant à rendre ces projets écologiquement, économiquement et socialement acceptables. Avec le recul je crois que les valeurs et les intérêts que j’avais développés au cours de mes études étaient peu compatibles avec les valeurs et les intérêts qui motivent la plupart des entreprises privées.

J. Bouchard

Un petit tour d’hélicoptère ?

Je n’ai jamais regretté d’avoir fait une maîtrise en écologie, puisque c’est un domaine qui m’intéresse vraiment profondément et que ce fut de très belles années pour moi. Toutefois nos histoires respectives m’amènent à me questionner sur le passage de la recherche au monde du travail qui se fait plus difficilement pour certaines personnes (comme nous). Quel conseil donnerais-tu à un étudiant ou une étudiante qui débute une maîtrise ou un doctorat en recherche pour optimiser ses chances de réussir ce passage inévitable ?

Philippe : Mon retour sur les bancs d’école doit signifier une chose: je n’ai pas de réponse à ta question! Cependant, j’en propose une autre: pourquoi faire une maîtrise ou un doctorat?

En 2013, la maîtrise est encore considérée comme une formation pertinente par le milieu du travail, et ce dans plusieurs domaines. Un étudiant peut donc s’attendre raisonnablement à recevoir un retour sur l’investissement à travers l’obtention d’emplois ou de promotions qu’il n’aurait pas obtenu s’il s’était contenté d’un baccalauréat. Pour le doctorat, à moins d’obtenir un poste de chercheur, c’est tout le contraire. De nos jours, la majorité des diplômés du plus haut niveau universitaire deviennent une main-d’œuvre bon marché, forcés de vivre dans des conditions matérielles parfois précaires, et souvent inférieures à celles des diplômés des cycles inférieurs.

Alors, qu’est-ce qui pousse les gens dans la force de l’âge à se lancer dans une telle aventure? C’est sans amertume que je réponds que la naïveté, l’ignorance et l’absence de vision à long terme sont les raisons les plus courantes. Évidemment, on en sort généralement avec un enrichissement personnel inestimable, mais c’est à mon avis plus une conséquence qu’une cause. Personne ne se lance dans un tel projet, avec les sacrifices personnels, professionnels et financiers qui en découlent, pour acquérir une croissance personnelle! Or, c’est malheureusement le seul bénéfice que la majorité d’entre nous en retirerons. Mais je le répète: ça reste inestimable. C’est d’ailleurs cet enrichissement et cette maturité acquis à la dure qui fait que j’assume assez bien mes choix. Pourtant, avec le recul, est-ce que je prendrais les mêmes décisions? Non. Les sacrifices sont trop grands. J’ai fermé la plupart des portes professionnelles qui m’étaient pourtant ouvertes à la fin de ma maitrise, et je porte maintenant ma thèse et mes postdocs comme des boulets.

Mais il n’y a pas que la quasi-absence de perspectives professionnelles qui doit être considérée par un étudiant avant de commencer un doctorat. Il y a la nature même du statut et du rôle de l’étudiant gradué qui pose problème. Dans le passé, un doctorat se profilait comme une formation d’où découlait idéalement le développement du savoir scientifique. On mettait donc de l’avant l’apprentissage des étudiants. De nos jours c’est le contraire. On met de l’avant la production scientifique de laquelle découle une formation. On transforme donc l’étudiant en main d’oeuvre bon marché pour effectuer un travail spécialisé pour lequel il n’est pas formé. On n’admet plus que l’étudiant est en formation. On lui demande au contraire de performer comme un chercheur expérimenté. La pression est beaucoup plus forte: l’avenir immédiat du laboratoire dans lequel l’étudiant travaille dépend des subventions, qui elles mêmes dépendent de la qualité de son travail. Pour des jeunes inexpérimentés, c’est trop. Et pour eux, ça ne sert à rien.

La recherche en 2013 n’a plus rien de ludique. Il s’agit d’un monde dur et sans pitié. Cette réalité utilitariste est la même pour tous les professeurs, peu importe leur personnalité. Ils n’ont pas le choix de la suivre. Il en va de leur carrière professionnelle. Celle-ci peut s’écrouler du jour au lendemain, même pour les plus expérimentés.

Judith : Merci beaucoup Philippe pour tes réponses. En terminant, quel conseil donnerais-tu à un jeune qui serait intéressé à faire de la recherche?

Philippe: Paradoxalement, je ne souhaite pas décourager quiconque de suivre mes pas. Cependant, cela doit se faire en toute connaissance de cause. Ne vous laissez pas leurrer par les campagnes de markéting des universités, ni par les professeurs qui vont vous faire la cour. Ceux-ci ont trop à gagner à vous attirer. Tout ça n’est que du rêve. Les chances que vous en tiriez ultimement quelque chose professionnellement sont relativement faibles. Cependant, les expériences sont grisantes. Personnellement, j’ai voyagé à travers le monde, j’ai visité des endroits dignes des documentaires du National Geographic, j’ai collaboré avec des personnes parmi les plus brillantes de leurs générations, j’ai fréquenté des universités prestigieuses tel que l’University of California à Berkeley, l’Université McGill et l’Université de Montréal. Peu de gens de mon âge peuvent se targuer d’en avoir fait autant. Une collègue me disait récemment que suivre notre parcours, c’est « tripper avec un couteau sous la gorge ». C’est vrai. Si vous êtes prêt à en assumer les conséquences, lancez-vous!

Besoin d’aller prendre l’air?

Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à entreprendre des études en biologie ? Dans mon cas, c’était la possibilité d’étudier DE-HORS. À l’époque, j’avais même choisi de m’inscrire à l’Université de Montréal parce que dans l’option écologie il fallait OBLIGATOIREMENT faire trois cours qui incluaient des sorties sur le terrain. Ça me rendait trop heureuse de suivre des cours en plein air !

Évidemment, c’étaient loin d’être des balades « romantiques » dans le bois. Il fallait travailler fort et souvent à des heures pas possibles. Le « pire » de ces cours a sans doute été celui d’écologie des animaux terrestres. Pour avoir un bref aperçu du cours et de son intensité vous pouvez écouter ce reportage du Code Chastenay: Stage de choc en nature pour les étudiants en biologie. En dix jours, on devait mener de front 4 petits projets de recherche: un sur les insectes, un sur les oiseaux, un sur les petits mammifères et, finalement, un sur le sujet de notre choix. Dès notre retour à Montréal, nous devions, en moins d’une semaine, rédiger les rapports associés à ces projets. Évidemment rédiger des rapports sous pression quand on manque vraiment de sommeil, ça donne ce que ça donne… À la réception de nos rapports révisés quelques semaines plus tard, je vous avoue ne pas avoir reconnu ce que nous avions écrit. On aurait pu me remettre les rapports d’une autre équipe que je ne m’en serais même pas rendu compte !

Malgré l’intensité des « cours de terrain », j’y étais comme un poisson dans l’eau. Vraiment, dès que j’étais dehors, je me sentais bien, éveillée, attentive, heureuse et motivée d’apprendre. Ce qui contrastait grandement par rapport à mon état d’esprit lors des cours à l’intérieur des murs de l’université: dans la lune ou carrément endormie à carburer au café…

Quand je pense à nos étudiants qui ont parfois tant de difficulté à se concentrer en classe, je ne peux m’empêcher de me demander si eux aussi seraient plus disposés à apprendre si on enseignait parfois dehors ou s’ils allaient plus souvent prendre l’air. Si, pour des enfants ayant un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention, le fait de jouer régulièrement dans des espaces verts permet de réduire l’intensité des symptômes (Taylor et Kuo, 2011), on pourrait penser que le contact à la nature pourrait améliorer la capacité de concentration de nos étudiants un peu plus âgés. Enfin, c’est à vérifier!

Faber Taylor, Andrea et Kuo, Frances E. (Ming). 2011. Could Exposure to Everyday Green Spaces Help Treat ADHD? Evidence from Children’s Play. Applied Psychology: Health and Well-Being. 3(3): 281–303.

Psychomédia. 2011. TDAH: certains environnements de jeu plus bénéfiques que d’autres.